Potager Urbain

Votre Amibe & Mr Laron
Publié le: 2 septembre 2007
Modifié le: 21 novembre 2013

Un potager sur les toits

Nos villes recèlent d’innombrable surfaces vierges, stériles et inoccupées exposées au soleil et aux précipitations: toits plats ou légèrement en pente, terrasses, balcons, escaliers extérieurs, rebords, appuis de fenêtres. Alors, au lieu (ou avant, ou en plus) d’installer de coûteux – et souvent gourmands en énergie “grise” – panneaux solaires, pourquoi ne pas y inviter ces merveilleux capteurs solaires qui font leurs preuves depuis des millions d’années: les plantes? Pourquoi ne pas y installer des végétaux qui vont nous nourrir et nous ravir?

  • On isole ainsi les toits, en les "végétalisant", contre les trop grandes variations de température.
  • On tempère l’impact des précipitations en les retenant dans un substrat organique.
  • On crée des oasis de verdure, favorables à la biodiversité, aux insectes, aux oiseaux, etc.
  • On piège dans les végétaux le gaz carbonique atmosphérique et on profite de l’oxygène qu’ils produisent.
  • On rend hospitaliers et conviviaux des lieux au départ plutôt hostiles.
  • On crée des liens avec les végétaux et entre les hommes (échanges de pratiques, de légumes, de semences).
  • On recycle et valorise sur place les détritus organiques que nous produisons, par (vermi)compostage.
  • On s’adonne à une activité saine, au grand air, et pleine d’intérêt.
  • On se nourrit sainement de légumes on ne peut plus frais, sans transport ni conditionnement et dont on connaît la provenance.
  • On fait de multiples économies qui nous permettront de mener une vie moins aliénante, au rythme progressif et organique de la pousse des plantes.

Voir ce qui se fait à Montréal.

Les contenants

Occasion de faire de la récupération.

  • bacs à poisson en frigolite des restaurants
  • jardinières
  • gros pots des sapins de Noël avec motte
  • gros pots récupérés dans les poubelles des cimetières
  • bacs en bois bricolés avec des palettes de récupération
  • parpaings creux
  • boîtes de conserve et bidons
  • tuyaux de toutes sortes

Le substrat

  • récupérer du vieux terreau
  • récupérer des boules d’argex
  • installer un vermicompost et proposer aux voisin de composter leurs détritus: le compost sert de riche substrat, plus le percolat comme engrais liquide à diluer
  • installer des toilettes sèches, si possible avec compostage interne: substrat très riche et en grande quantité
  • litière végétale pour chats compostée, compost de crottes de chiens
  • récupération de sable sur les chantiers
  • raser les taupinières des parcs, des jardins ou des terrains de sport: cela fait plaisir et fournir une belle terre granuleuse
  • orties, pissenlits, consoude, trèfle, bardane etc. comme engrais vert ou couvre-sol: cela débarrasse et évite l’évaporation et le désherbage
  • récupération des feuilles mortes décomposées qui bouchent les écoulements
  • agrémenter de marc de café (récupéré des bureaux): riche en potassium, éloigne les parasites et améliore la structure du substrat
  • cendres de bois comme engrais potassique

L’arrosage

Le point le plus critique, peut-être.

  • prévoir des systèmes de récupération et de stockage de l’eau de pluie (bidons empilés et seaux, bassines, raccordement des gouttières)
  • récupérer les eaux ménagères pas trop sales
  • éviter l’évaporation sans nuire à l’aération (couverture du substrat, mulch)
  • système d’arrosage efficace et peu contraignant: goutte à goutte, par capillarité, récupérer les vieux tubes, tuyaux

Quelques exemples

Les plantes qui poussent bien en pot, ou en tube.

  • Supportent la matière organique encore en décomposition (fumier d’animaux domestiques, d’humains, compost non-mûr): tomates et autres solanacées-fruits (aubergines, piments, poivrons…), cucurbitacées (courgettes, potirons, concombres…), artichauts…
  • tolèrent un substrat pauvre, minéral (argile et sable récupérés sur un chantier de terrassement)+ humus pauvre bien décomposé de feuilles mortes + si possible cendres de bois: Fabacées (haricots, pois, fèves…)
  • Ont besoin d’une terre riche (en substance azotée: comme engrais jus de vermicompost dilué ou “purin” dilué de liseron, d’ortie, urine diluée?), humifère, bien décomposée: légumes à feuilles, laitues, chicorées, épinards, basilic, menthe,…

Le terreau du commerce: en général de la tourbe (quasi imputrescible, non-renouvelable), plus du minéral (sable, perlite), plus des engrais chimiques vite consommés. Ne pas le jeter même si il a séché! Récupérer le vieux terreau. Le réhumidifier avec de l’eau additionnée de quelques gouttes de savon (naturel, de Marseille ou d’Alep, pas du détergent avec des parfums de synthèse) liquide ou mou. Puis y mêler de la terre, du compost, des feuilles d’ortie ou de consoude hachées, du trèfle.

En gros pots (à récupérer dans les cimetières, chez les fleuristes): solanacées, cucurbitacées, bettes.

Les tomates retombent (bien les tomates cerises dans des suspensions) ou peuvent se tuteurer.

S’accrochent et grimpent (balustrade, corde…): poti(mar)rons, haricots (s’entortillent) et pois à rames, concombres.

En jardinières: condiments, salade à couper, pourprier, radis, cresson, menthe.

Dans une simple grosse boîte de conserve: haricots, pois.

Dans les bacs en frigolite à poissons des restaurants: laitues, fraisiers (terre riche, humifère, acide, paillis d’aiguilles de pin). Tolèrent peu de profondeur.

L’outillage

Fourchette, cuillère, couteau de table suffisent. Une petite pelle n’est pas à négliger.

Un seau pour récolter le résultat du désherbage, qui peut ensuite être enterré au fond d’un bac en frigolite.

Une bassine d’assez grande dimension pour y effectuer le mélange du substrat (récupéré).

Un arrosoir à poire pour arroser en pluie fine.

Des paniers, grilles, treillis ou moustiquaires pour protéger les jeunes plants et les semis des chats et des oiseaux.